S’il y a bien un sujet tabou au sein de l’église catholique, je nommerais en tout premier la sexualité.
La religion catholique, depuis qu’elle existe, a donné aux hommes un trop grand pouvoir sur la femme. La religion avait-elle peur de la femme et de son pouvoir sexuel sur les hommes pour la confiner au rôle de soumission aux yeux des hommes?
On a toujours éduqué les femmes à un rôle de soumission face à l’homme et évidemment l’église condamnait celles qui voulaient être libres et indépendantes comme des femmes légères et aventurières, puis son rôle était bien défini aux yeux de l’église et des hommes. Son rôle était celui de procréer, même au risque de sa vie, et il était hors de question d’empêcher la famille; cela aurait été un vrai péché de la part de la femme de refuser d’enfanter. On peut même qualifier cela comme un meurtre par omission, car l’église était bien consciente des risques encourus chez certaines femmes d’avoir plusieurs grossesses.
Mais la sexualité de la femme n’existait pas et elle était considérée aussi comme impure aux yeux de la religion. Ce qui me trouble le plus, c’est que Marie a été considérée comme une femme pure, car c’est le Saint-Esprit qui l’a mise enceinte. Bien s°r Jésus ne pouvait pas avoir comme mère une femme ordinaire et impure, cela aurait été à l’encontre de tout si Marie avait eu des relations sexuelles pour donner naissance à Jésus. Alors nous, simples mortels, qui avons une sexualité pour enfanter, nous sommes sans doute des êtres impurs.
L’Eglise a engendré les tabous, les préjugés, l’obscénité face à la sexualité. Combien de fois avons-nous entendu dire que c’est sale de faire telle ou telle chose dans des relations sexuelles, même avec son propre mari. La femme ne devait pas avoir de désir, ni de plaisir, elle devait faire son devoir conjugal, c’est tout ce qu’on lui demandait et si elle refusait, l’homme avait le droit d’avoir des aventures simplement parce qu’il était un homme.
Effectivement, pour l’homme, la sexualité n’a pas la même consonance aux yeux de l’église; avec son pouvoir sur la femme tout lui était permis et pardonné d’avance. Mais doit-on tenir l’homme responsable du pouvoir que l’église lui a donné et inculqué?
Sur ce point il est dur de prendre parti pour l’homme, mais je dirais pareil, que c’est la religion qui a fait les plus gros dég‚ts sur l’éducation des hommes pour que la sexualité ne soit pas égale pour les deux sexes. Si l’on se réfère au récit d’Adam et Eve, c’est Eve qui a tenté Adam avec la pomme?
Adam a-t-il pris la responsabilité, en acceptant cette pomme, de dire à Dieu qu’il était aussi responsable qu’elle car il a fait le choix de l’accepter et de la manger? Non, la faute et le blâme étaient retombés sur Eve d’avoir tenté Adam.
Dès le début, l’église n’a fait aucune place aux femmes dans l’église. Au lieu de lui donner une place, elle les a rejetées au niveau inférieur et de soumission dans la société et dans l’église. Pourtant l’église devrait prendre la défense des faibles et proclamer la justice et l’égalité des êtres humains, sans faire de discriminations des sexes.
Nous voilà en 2006, une société dite évoluée; on dit que le rôle de la femme a beaucoup avancé, mais c’est encore la femme qui subit l’inceste, le viol, le trafic sexuel, la dégradation d’être un objet sexuel, l’injustice sociale face aux mères célibataires. On se dit une société évoluée, cependant la ligne est encore très mince entre hier et aujourd’hui pour la femme et elle n’a pas encore vraiment pris une place juste et égale face aux hommes. Si aujourd’hui les églises sont délaissées, les dirigeants devraient peut-être revoir leur dictature et évoluer avec une plus grande ouverture d’esprit.
La femme ne veut pas la place de l’homme ni être un homme, elle demande simplement le droit d’être femme sans subir d’injustice de la part de la religion et des hommes.
Diane Béliveau


