Un cas de censure

L’article « Franc-maçonnerie » a été écrit en 1999 pour le Dictionnaire historique de la Suisse (DHS),1 à la demande de son rédacteur en chef.2
L’auteur a retiré son nom de l’article à paraître3 parce que la rédaction du DHS a exigé des suppressions et des modifications, dont quelques-unes relevant clairement de la censure, comme il ressort de la deuxième version ci-dessous, signée par la rédaction du DHS, où les passages qui montrent l’opposition de l’Eglise catholique à la franc-maçonnerie ont été systématiquement omis ou minimisés (ils figurent en gras et soulignés ci-dessous dans la version de l’auteur).

D’autres passages ont été ajoutés dans la deuxième version censurée (ils figurent en gras dans la version signée par la rédaction du DHS ci-dessous), y compris un paragraphe final (en gras souligné) affirmant queLa maçonnerie repose sur le secret »,4 ce qui est un topo antimaçonnique courant et une contrevérité historique, tous ses rituels étant publiés et pouvant être achetés librement dans le commerce depuis le XVIIIe siècle déjà et son histoire ayant été largement étudiée. L’unique secret est celui des noms des membres actuels, qui ne sont pas divulgués pour garantir la protection de leur sphère privée, ainsi qu’il est d’usage dans toute association.

Article de l’auteur

[Les passages en gras ont été omis dans l’article revu du DHS, l’omission des passages en gras soulignés relève clairement de la censure.]

Franc-maçonnerie

La F. est une fraternité initiatique ayant comme buts le développement moral de ses membres et la pratique des principes humanitaires. La F. moderne a vu le jour en Angleterre, avec la création par quatre loges de la Grande Loge de Londres le 24 juin 1717. Elle se rattache aux confréries médiévales de métiers libres ou « francs ». La cellule de base de la F. est la loge, composée d’un nombre minimum de sept membres, auxquels sont successivement conférés trois grades symboliques (Apprenti, Compagnon, Maître) au cours de cérémonies rituelles.

Les loges sont dites de saint Jean » en souvenir de saint Jean-Baptiste, qui au Moyen Age était le patron des confréries des tailleurs de pierre. Dès la fin du XVIIIe s., se sont aussi développées des loges dites de hauts grades » (Rite Ecossais Ancien Accepté, Régime Ecossais Rectifié, Rite de Memphis-Misraïm, etc.). qui ont multiplié le nombre de grades. Il ne s’agit pas de F. à proprement parler, puisque leur symbolisme ne se rattache pas à l’art de la construction. On n’en tiendra donc compte que dans la mesure où leur histoire est liée à celle de la F. symbolique des trois premiers grades (dits bleus »), dont l’évolution reflète la complexité et la diversité de la Suisse, et en suit les clivages linguistiques.

XVIIIe s.

La première loge maçonnique, La Société Libre du Parfait Contentement, fut fondée à Genève par lord George Hamilton en 1736. République indépendante, mais alliée des Suisses, Genève entretenait des liens commerciaux privilégiés avec l’Angleterre. En 1737 la Grande Loge de Londres accorde à lord Hamilton le titre deGrand Maître Provincial auprès des  » Loges de Genève », ce qui signifie que ces dernières obtenaient d’elle leurs patentes. Le Gouvernement genevois interdit alors à ses citoyens d’adhérer aux loges, qui échappaient à son contrùle, admettaient des étrangers et dépendaient d’une autorité étrangère. La F. étant à la mode, cette interdiction ne découragea pas les Genevois et en 1744 on compte à Genève 6 loges, dont une mixte (réunissant hommes et femmes) sous le nom quelque peu libertin de La Parfaite Félicité.

La plus ancienne loge de Suisse encore active aujourd’hui, L’Union des Cœurs, fut fondée à Genève en 1768. La Grande Loge Nationale de Genève, fondée le 24.6.1773 par 9 loges genevoises, marque le détachement de l’influence anglaise et le rapprochement à la France. Elle comptait 17 loges lorsqu’elle dut cesser ses activités suite à l’interdiction des cercles et coteries » par le Gouvernement aristocratique, après l’écrasement de la révolution genevoise de 1782. Ayant pris le nom de Grand Orient National de Genève, la F. genevoise continue ses activités en secret jusqu’en 1789. Ses bons rapports avec la France ne l’empêchent pas de garder des liens avec l’Angleterre et le 5.8.1789 la loge genevoise L’Union initie le prince Edward, duc de Kent, fils du roi George III et futur Grand Maître de la F. anglaise.

Lorsqu’en 1798 Genève est annexée par la France, ses loges sont en relation avec des loges françaises, mais aussi d’Angleterre, Allemagne, Brunswick-Hanovre, Pays-Bas et des Deux-Siciles. Une Grande Loge Provinciale de Genève est créée en 1801, nominalement indépendante mais en fait aux ordres du Grand Orient de France. Ce dernier fonde aussi quelques loges rattachées directement à lui, qui initient surtout des officiers et soldats de garnison, mais aussi des Genevois partisans des idées nouvelles. De ces loges, la Fraternité, fondée en 1799, et L’Etoile du Léman, fondée en 1807, sont encore en activité aujourd’hui et toujours rattachées au Grand Orient de France. En 1801 Genève compte 18 loges, dont 7 appartiennent à l’ancien Grand Orient National et 11 à la nouvelle Grande Loge Provinciale, avec env. 200 membres au total, pour une population de 25000 habitants.

Le Pays de Vaud voit sa première loge fondée à Lausanne en 1739. Son nom, La Parfaite Union des Etrangers, montre bien qu’aucun Vaudois n’en faisait partie. Avec d’autres loges vaudoises, elle fonde le Grand Orient National pour la Suisse romande, reconnu par l’Angleterre. En dépit de l’interdiction de la F. par LL.EE. de Berne en 1745, des nouvelles loges sont fondées à Bex en 1760, à Montreux en 1783, à Morges en 1786, à Vevey en 1790 et à Aubonne en 1798. A Neuchâtel la première loge est fondée en 1743; à Fribourg en 1761 et au Locle en 1774.

En Suisse alémanique une première tentative de fondation de loge a échoué à Berne en 1740, à cause de l’opposition des autorités. La première loge bâloise est fondée en 1744, tandis qu’en 1771 est fondée à Zurich la loge de langue française La Discrétion, qui une année plus tard adoptera l’allemand et prendra le nom de Modestia cum Libertate. A Berne des officiers bernois au service de la France fondent les trois premières loges en 1798. Alors que dans les territoires bernois, comme à Genève, les autorités ont essayé en vain de contrùler la naissance et le développement de la F., craignant l’influence politique française, en Suisse alémanique, elle s’est développée sans entraves dans les deux grandes villes de Zurich et de Bâle, sous une influence allemande plus conservatrice.

XIXe s.

Pendant l’occupation française et la République helvétique de nombreux francs-maçons ont joué un rùle politique et social d’avant-garde. Avec la Restauration la F. s’éloigne des tendances réformatrices, se répandant tout particulièrement dans les cantons protestants de Suisse alémanique. Les loges de Zurich et de Bâle se rattachent au Régime Ecossais Rectifié, un système de  » hauts grades » à tendance chrétienne très marquée, mettant l’accent sur la pratique d’un christianisme réformé, avec des accents à la fois piétistes et mystiques. Deux représentants typiques de cette orientation de la F. suisse sont le médecin zurichois Diethelm Lavater et le conseiller d’Etat zurichois Johann Caspar Bluntschli, disciple du mystique panthéiste allemand Rohmer.

En Suisse romande, plus marquée par la proximité de la France, cette aile conservatrice de la F. restera toujours minoritaire et L’Union des Cœurs, à Genève, est la seule loge importante y appartenant. Sous la présidence de l’historien J.-B. G. Galiffe, elle a compté parmi ses membres de nombreux pasteurs, qui ont joué un rùle dans le Réveil protestant.

La centralisation politique qui a caractérisé la Suisse au XIXe s. et a donné naissance à la Confédération de 1848 a aussi marqué l’histoire de la F. Après plusieurs tentatives d’union avortées entre 1810 et 1840, la Grande Loge Suisse Alpina est fondée par 14 loges les 22 et 23.6.1844. Le Zurichois Johann Jakob Hottinger en est le premier Grand Maître et Jonas Furrer, futur premier président de la Confédération en 1848, le Grand Orateur. L’hostilité de l’Eglise catholique (Pie IX en 1865 et 1873 et Léon XIII en 1884 ont expressément condamné la F. dans leurs encycliques) a poussé les loges sur des positions anticléricales et agnostiques, en favorisant l’admission de nombreux hommes politiques du parti radical démocratique, qui la marqueront de leur empreinte. Une loge genevoise représente bien cette tendance générale de la F. suisse de l’époque, Fidélité et Prudence, qui de 1880 à 1902 a été la loge radicale par excellence. Georges Favon, Charles Page, Alcide Jentzer, les conseillers d’Etat Alexandre Gavart et Alfred Vincent, le conseiller fédéral Adrien Lachenal, président de la Confédération en 1896, en ont fait partie. Dans le canton de Vaud, la loge radicale a été Liberté, fondée en 1871 par le conseiller fédéral Louis Ruchonnet, président de la Confédération en 1883.

C’est surtout dans les cantons catholiques (Fribourg, Saint-Gall, le Tessin, les Grisons) que l’opposition de l’Eglise catholique à la F. a été la plus virulente, en empêchant par tous les moyens la création de nouvelles loges et en combattant celles déjà existantes. Face aux tracasseries du clergé, la loge de Fribourg La Régénérée (fondée en 1851) dut se résoudre en 1885 à vendre son immeuble à une congrégation religieuse. Elle sera même dissoute en 1902 et ne pourra reprendre ses travaux qu’en 1972. Toujours à cause de l’hostilité du clergé catholique, et de l’opposition politique du parti conservateur, la première loge tessinoise, Il Dovere, ne verra le jour à Lugano qu’en 1877, à l’initiative du consul d’Italie. Elle a d’abord été rattachée au Grand Orient d’Italie et est entrée à l’Alpina en 1884. Dans ce canton, où la religion catholique a été longtemps religion d’Etat, ce n’est que dans la deuxième moitié du XXe s. que quatre nouvelles loges pourront être fondées.

A Genève, pourtant de tradition protestante, l’Eglise catholique a réussi à faire racheter aux créanciers par un prête-nom l’immeuble du Temple unique. Il avait été construit en 1858 par sept loges sur un terrain cédé gratuitement par l’Etat à Plainpalais, à l’emplacement des anciennes fortifications récemment détruites pour désenclaver la ville. Il a été aussitùt transformé en l’église du Sacré-Cœur. Très engagées politiquement, les loges genevoises débattent dans leurs réunions de problèmes de société, comme le droit au travail, les assurances obligatoires, l’instruction publique, la réforme de l’assistance publique, la législation sur l’enfance abandonnée et la séparation de l’Eglise et de l’Etat, qui sera acceptée en votation populaire en 1907.

Xxe s.

Pendant ce siècle l’histoire de la F. en Suisse est marquée par trois événements majeurs: l’initiative Fonjallaz demandant son interdiction, l’évolution de ses relations internationales et la naissance d’une F. dite « libérale ».

Une proposition de créer une Fédération Maçonnique Internationale avait déjà été faite en 1889 par le Grand Orient de France, mais elle n’a pris forme qu’en 1902, lors du Congrès Maçonnique International de Genève. Le 1.1.1903 un Bureau International des relations maçonniques est institué à Neuchâtel, sous la direction de l’ancien conseiller d’Etat neuchâtelois Edouard Quartier-La Tente, Grand Maître de l’Alpina de 1900 à 1905. Après une interruption lors de la Première Guerre mondiale, il reprend ses activités en 1921 sous le nom d’Association Maçonnique Internationale (AMI). En 1923 elle regroupait 500000 membres, appartenant à 38 obédiences maçonniques nationales différentes. Née dans la mouvance de la F. agnostique latine du Grand Orient de France, l’AMI a toujours été combattue par la F. théiste anglo-saxonne de la Grande Loge Unie d’Angleterre.

Une initiative fédérale visant à interdire la F. en Suisse, lancée en 1923 par le colonel frontiste Fonjallaz, a été déposée le 10.12.1934 munie de 56238 signatures. Le Conseil fédéral a nettement pris position contre cette initiative dans un rapport de 43 pages, publié le 4.11.1936. Elle a finalement été rejetée en votation populaire le 28.11.1937, par 515000 non contre 235000 oui. Le canton de Fribourg, où l’influence de l’Eglise catholique était écrasante, est le seul à l’avoir acceptée. En dépit de cette victoire politique, après la Seconde Guerre mondiale la F. suisse a perdu la moitié de ses effectifs, en tombant d’environ 5000 membres en 1935 à environ 2500 en 1945.

Le nouveau contexte mondial voit la F. anglo-saxonne s’opposer de plus en plus ouvertement à la F. latine. Une tentative de trouver une voie médiane entre ces deux tendances, avec la rédaction le 21.5.1949 des « Cinq points de Winterthour », qui auraient du servir de base pour une reconnaissance internationale, échoue face aux pressions exercées par la Grande Loge Unie d’Angleterre. Le Grand Maître de l’Alpina, Albert Natural, est obligé de dissoudre l’AMI le 11.6.1955, puis de rompre toutes relations avec le Grand Orient de France, que l’Angleterre considère irrégulier parce qu’il n’exige pas de ses membres la croyance en un Dieu créateur et en Sa volonté révélée. Cette rupture est très mal ressentie, surtout en Suisse romande, où les liens avec la France sont nombreux. Des francs-maçons désirant les conserver quittent alors l’Alpina et créent à Lausanne la loge Evolution, dont le nom est un programme. Une deuxième loge est ensuite créée à Lausanne et une troisième à Zurich, et les trois réunies fondent le Grand Orient de Suisse, une F. respectant la liberté de conscience de ses membres, liée au Grand Orient de France. En 1966 les pressions de l’Angleterre obligent l’Alpina à rompre ses relations avec la Grande Loge de France, ce qui provoque le départ d’autres membres, qui créent trois nouvelles loges à Genève et une à Zurich. Réunies aux trois précédentes, ces sept loges fondent le 21.6.1967 la Grande Loge de Suisse. Cette F. dite « libérale », qui en 1996 a repris le nom de Grand Orient de Suisse, compte en 1999 un peu moins de 400 membres, répartis en 14 loges, dont 3 en Suisse alémanique.

De son cùté, la Grande Loge Suisse Alpina compte à la même date un peu moins de 4000 membres, répartis en 79 loges, dont 2 aux Grisons, 5 au Tessin, 28 en Suisse alémanique et 44 en Suisse romande.

La F. s’est aussi ouverte à la mixité, avec l’arrivée en Suisse de l’Ordre Maçonnique Mixte International Le Droit Humain en 1907, dont est issue la Grande Loge mixte de Suisse (créée le 8 mai 1999 par 7 loges, dont 1 au Tessin, 1 en Suisse alémanique et 5 en Suisse romande, avec environ 100 membres) et de la Grande Loge Suisse du Rite Ancien et Primitif de Memphis-Misraïm en 1962 (1 loge masculine, 1 féminine et 1 mixte, toutes à Genève, en 1999). Une F. exclusivement féminine a vu le jour le 3.4.1976, avec la Grande Loge Féminine de Suisse, qui compte en 1999 environ 350 membres pour 14 loges, dont 1 au Tessin, 3 en Suisse alémanique et 10 en Suisse romande.

Bibl.: Maçonnerie, maçonneries, éd. R. Marx, 19905; M. Cugnet, Deux siècles et demi de franc-maçonnerie en Suisse et dans le Pays de Neuch‚tel, 1991; A. Bernheim, Les débuts de la Franc-Maçonnerie à Genève et en Suisse, 1994; Grande Loge Suisse Alpina, Livre du 150e Anniversaire, 1994; Groupe de recherche Alpina, Guide du Franc-Maçon, 1998.

Article censuré, version consultable sur le site du DHS (hhtp://www.dhs.ch/):

[Les passages en gras ont été ajoutés par la rédaction du DHS, ils ne sont parfois que des variations ou des remaniements de l’article original, ou encore des passages de l’article original qui ont été déplacés; les passages en gras soulignés visent à minimiser, en le diluant dans un contexte plus large, le rôle de l’Eglise catholique dans son opposition à la franc-maçonnerie et à attribuer à cette dernière la responsabilité de la "légende noire antimaçonnique", qui serait motivée par le secret sur lequel la franc-maçonnerie reposerait.]

Franc-maçonnerie

Fraternité initiatique dont les buts sont le développement moral de ses membres et la pratique des principes humanitaires, la franc-maçonnerie moderne, dite spéculative, est née en Angleterre en 1717, avec la création de la Grande Loge de Londres. Elle se rattache à la maçonnerie opérative des confréries médiévales de métiers libres oufrancs », en particulier celles des maçons. La cellule de base est la loge (ou atelier), composée au minimum de sept membres, auxquels sont successivement conférés trois grades symboliques (apprenti, compagnon, maître), au cours de cérémonies rituelles. Dès la fin du XVIIIe s., quelques loges multiplient le nombre de grades (grades chevaleresques ou hauts grades).

1 – XVIIIe siècle

La première loge maçonnique en Suisse, la Société des maçons libres du parfait contentement, fut fondée à Genève par lord George Hamilton en 1736, dans l’obédience de la Grande Loge de Londres. En 1744, on comptait déjà six loges à Genève, dont une mixte (hommes et femmes), malgré l’interdiction d’adhésion promulguée par le gouvernement qui voyait d’un mauvais œil une institution qu’il ne contrùlait pas et qui avait des liens avec l’étranger. En 1768, l’Union des Cœurs était fondée dans la même ville; c’est la plus ancienne loge de Suisse encore active. La Grande Loge nationale de Genève, fondée en 1769 par neuf loges genevoises, marque le détachement de l’influence anglaise et le rapprochement avec la France. Après l’écrasement de la révolution genevoise de 1782, elle poursuivit ses activités dans la clandestinité sous le nom de Grand Orient national de Genève. Sous le régime français, le Grand Orient de France fonda plusieurs loges, dont la Fraternité (1799) et l’Etoile du Léman (1807), toujours existantes. En 1801, Genève comptait environ deux cents maçons répartis dans dix-huit loges pour une population de quelque 25000 habitants.

Au Pays de Vaud, des étrangers fondèrent la première loge à Lausanne en 1739-1740. Comme Genève, Berne interdit les loges (1745), sans plus de succès: on en trouve à Bex en 1760, à Montreux en 1783, à Morges en 1786, à Vevey en 1790 et à Aubonne en 1798. La situation dans la principauté de Neuch‚tel fut plus facile, le souverain étant lui-même initié. Une loge se créa à Neuchâtel en 1743 (disparue à la fin des années 1750), une autre au Locle en 1774, une à Neuchâtel en 1791. L’existence de deux loges est attestée à Fribourg; la première vers 1758-1759, la seconde en 1762-1763.6

En Suisse alémanique une première tentative échoua à Berne en 1740, à cause de l’opposition des autorités. La première loge b‚loise date de 1744, tandis qu’en 1771 était fondée à Zurich La Discrétion, de langue française, qui adopta l’allemand en 1772 et prit le nom de Modestia cum Libertate. A Berne, des officiers bernois au service de la France fondèrent les trois premières loges en 1798; la première loge officielle, Zur Hoffhung (A l’Espérance) fut ouverte en 1803.

Il faut relever le rôle des loges militaires. On en comptait soixante-huit en France à la veille de la Révolution; de très nombreux officiers suisses au service de l’étranger y auraient été initiés. Autre caractéristique de la première maçonnerie suisse, ses liens avec diverses obédiences anglaise, française et prussienne, selon les dépendances politiques et culturelles, ce qui se reflète dans son manque d’unité. On trouve cependant des tentatives de rapprochement, par exemple en 1779, la création du Directoire helvétique romand (loges du rite français) et du Directoire helvétique allemand (rite écossais rectifié). Comme ailleurs dans l’Europe des Lumières, la franc-maçonnerie en Suisse fut au XVIIIe siècle la forme de sociabilité à la mode, malgré les condamnations de Rome (Clément XII en 1738 et Benoît XIV en 1751). Nobles, patriciens et bourgeois aisés et cultivés, pasteurs et prêtres se faisaient initier. C’est aussi dans les loges que l’on discutait des idées nouvelles; Frédéric-César de La Harpe, Pierre Ochs, Maurice Glayre, Antoine Miéville, Heinrich Zschokke étaient maçons. Les années 1789 à 1798 furent difficiles, les gouvernements voyant dans les francs-maçons des partisans de la révolution. Durant la République helvétique et la Médiation, le mouvement reprit son essor.

2 – XIXe siècle

Sous la Restauration (1815-1830) et la Régénération (1830-1848), les francs-maçons se recrutèrent surtout dans la bourgeoisie libérale. La centralisation politique qui caractérisa la Suisse au XIXe siècle et donna naissance à la Confédération de 1848 marqua aussi l’histoire de la maçonnerie. Après plusieurs tentatives avortées entre 1810 et 1840 (Grand Orient national helvétique romand créé en 1810 par les Vaudois, Grande Loge nationale suisse en 1822), la Grande Loge suisse Alpina fut fondée par quinze loges en juin 1844. L’historien zurichois Johann Jakob Hottinger en fut le premier grand maître et Jonas Furrer, président de la Confédération en 1848, le grand orateur.

Les loges de Zurich et de B‚le se rattachaient au rite écossais rectifié, à tendance chrétienne très marquée, qui mettait l’accent sur la pratique d’un christianisme réformé, avec des accents à la fois piétistes et mystiques. Deux représentants typiques en furent le médecin zurichois Diethelm Lavater et le conseiller d’Etat zurichois Johann Caspar Bluntschli, disciple du mystique panthéiste allemand Friedrich Rohmer. En Suisse romande, plus marquée par la proximité de la France, cette aile conservatrice resta minoritaire et L’Union des Cœurs, à Genève, en fut la seule loge importante. Sous la présidence de l’historien Jean-Barthélemy-Gaïfre Galiffe, elle compta de nombreux pasteurs qui jouèrent un rùle dans le Réveil. La condamnation par l’Eglise catholique, de Pie VII en 1821 à Léon XIII en 1884 (encyclique Humanum genus), poussa les loges vers des positions anticléricales et agnostiques, en phase avec l’idéologie laïque du parti radical. La loge vaudoise Liberté fut fondée en 1871 par Louis Ruchonnet. A Genève, Fidélité et Prudence fut la loge radicale par excellence de 1880 à 1902; Georges Favon et Adrien Lachenal en firent partie. Très engagées politiquement, les loges genevoises débattirent du droit au travail, des assurances obligatoires, de l’instruction publique, de la réforme de l’assistance publique, de la législation sur l’enfance abandonnée et de la séparation de l’Eglise et de l’Etat, acceptée en votation populaire en 1907.

Comme le veulent les statuts, les maçons sont aussi actifs dans les œuvres philanthropiques. Dans le canton de Vaud, par exemple, ils contribuèrent à la création d’infirmeries, d’asiles de vieillards, de crèches, de cuisines scolaires; à Saint-Gall ils favorisèrent la création de jardins d’enfants.

Dans les cantons catholiques, l’opposition de l’Eglise fut virulente. Face aux tracasseries du clergé, la loge de Fribourg La Régénérée (fondée en 1851) dut se résoudre en 1885 à vendre son immeuble à une congrégation religieuse, et fut dissoute en 1902. Au Tessin, à cause de l’hostilité du clergé et de l’opposition du parti conservateur, la première loge, Il Dovere, ne vit le jour à Lugano qu’en 1877, à l’initiative du consul d’Italie; d’abord rattachée au Grand Orient d’Italie, elle n’entra à l’Alpina qu’en 1884. Dans la Genève protestante, l’Eglise catholique réussit à faire racheter aux créanciers par un prête-nom l’immeuble du Temple unique qu’elle transforma en église du Sacré-Cœur.

3 – XXe siècle

Pendant ce siècle, l’histoire de la franc-maçonnerie suisse fut marquée par trois événements majeurs: l’initiative Fonjallaz, l’évolution des relations internationales et la naissance d’une maçonnerie « libérale ».

Pour les mouvements de rénovation nationale de l’entre-deux-guerres opposés à la démocratie libérale, la franc-maçonnerie était l’une des « internationales » à abattre. Une initiative fédérale, visant à interdire en Suisse la maçonnerie et les organisations similaires, fut lancée en avril 1934 par un Vaudois, le colonel frontiste Arthur Fonjallaz, et déposée en octobre munie de 56238 signatures. Le Conseil fédéral prit position contre cette initiative qui menaçait la liberté d’association. Elle fut rejetée en votation populaire le 28 novembre 1937, par 515327 non contre 234’980 oui (participation 64,5%). Le canton de Fribourg fut le seul à l’accepter mais s’abstint largement (53%, participation de 43%), ce que l’historien fribourgeois Georges Andrey explique par l’influence du corporatisme, la présence de l’université catholique, la croisade antimaçonnique traditionnelle; les autres cantons romands et le Tessin eurent de fortes minorités de oui (parfois plus d’un tiers), les Alémaniques la rejetèrent généralement. En dépit de cette victoire politique, après la Deuxième Guerre mondiale la maçonnerie suisse avait perdu la moitié de ses effectifs, en tombant d’environ 5000 membres en 1935 à quelque 2500 en 1945. Des membres quittèrent les loges et les nouveaux initiés furent rares. Les effectifs remontèrent dès les années 1970, avec une forte progression dans la décennie 1990.

La première maçonnerie, celle du siècle des Lumières, était tolérante dans le domaine religieux. Mais la Grande Loge unie d’Angleterre (1813) veut imposer dans le monde entier à la maçonnerie dite régulière l’obligation de la croyance en Dieu. Le Grand Orient de France renonça en 1877 à cette prescription et fut généralement suivi par les pays latins. Il proposa en 1889 de créer une Fédération maçonnique internationale, ce qui fut réalisé en 1902, lors du Congrès maçonnique international de Genève. En 1903, un Bureau international des relations maçonniques fut ouvert à Neuchâtel, sous la direction de l’ancien conseiller d’Etat Edouard Quartier-La Tente, grand maître de l’Alpina de 1900 à 1905. Après une interruption lors de la Première Guerre mondiale, il reprit ses activités en 1921 sous le nom d’Association maçonnique internationale (AMI). En 1923 elle regroupait 500000 membres, appartenant à trente-huit obédiences nationales. Née dans la mouvance de la maçonnerie agnostique latine du Grand Orient de France, l’AMI fut combattue par la maçonnerie anglo-saxonne. Cette opposition s’accentua après la Deuxième Guerre mondiale. En Suisse, une tentative de trouver une voie médiane entre ces deux tendances, avec la rédaction en 1949 desCinq points de Winterthour », échoua face aux pressions de la Grande Loge unie d’Angleterre. Le grand maître de l’Alpina, Albert Natural, fut obligé de dissoudre l’AMI en 1950, puis de rompre toutes relations avec le Grand Orient de France. Cette rupture fut très mal ressentie, surtout en Suisse romande. Des frères quittèrent alors l’Alpina et créèrent à Lausanne et Zurich des loges qui formèrent en 1959 le Grand Orient de Suisse. En 1966, les pressions de l’Angleterre obligèrent l’Alpina à rompre ses relations avec la Grande Loge de France, ce qui provoqua de nouveaux départs et la création en 1967 de la Grande Loge de Suisse, qui a repris en 1996 le nom de Grand Orient de Suisse. Cette maçonnerie dite libérale comptait en 1999 un peu moins de 400 membres répartis en 14 loges (20 en 2003) dont trois (puis quatre) en Suisse alémanique. L’Alpina comptait à la même date quelque 4000 membres, répartis en 79 loges, dont deux aux Grisons, cinq au Tessin, vingt-huit en Suisse alémanique et quarante-quatre en Suisse romande. La franc-maçonnerie suisse s’est aussi ouverte à la mixité: en 1999, sept loges de la Grande Loge mixte suisse (une centaine de membres) et trois de la Grande Loge suisse du rite ancien et primitif de Memphis-Misraïm (1962). Une maçonnerie exclusivement féminine a vu le jour en 1976 (Grande Loge féminine de Suisse, environ 350 membres en 1999, (16 loges en 2003).

La maçonnerie repose sur le secret, ce qui a permis à ses adversaires de façonner la légende noire antimaçonnique. Depuis deux ou trois décennies, les loges acceptent de dévoiler quelques aspects de leur histoire et de leurs activités. Une exposition à Fribourg en 2001 a pris prétexte des cent cinquante ans de la loge La Régénérée. La Grande Loge Alpina et le Grand Orient de Suisse, ainsi que de nombreuses loges, ont ouvert des sites sur internet. Les préjugés n’ont toutefois pas disparu, puisque, en 2003, un député UDC proposait au Grand Conseil valaisan que les magistrats maçons se fassent connaître.

Sources

– Alpina: organe de la Grande Loge suisse Alpina, 1875
– Guide du franc-maçon, 1998 (avec un complément)7

BibI.

– D. Ligou, dir., Dict. universel de la maçonnerie, 19748
– B. Schneider,Die Fonjallaz-Initiative », in RSH, 24, 1974, 666-710
– M. Cugnet, Deux siècles et demi de franc-maçonnerie en Suisse et dans le Pays de Neuch‚tel, 1991
– Grande Loge suisse Alpina: livre du 15e anniversaire, 1993
– A. Bernheim, Les débuts de la franc-maçonnerie à Genève et en Suisse, 1994
– Y. Lehnherr, J. Guiot, éd., La franc-maçonnerie à Fribourg et en Suisse du XVIIIe au XXe s., 2001
– P. Walliser, Die Freimaurerei im Kanton Solothurn w‰hrend des 19. Jahrhunderts, 20019

La Rédaction

La comparaison entre les deux versions de l’article montre clairement le sens des modifications apportées par la rédaction du DHS, que l’auteur avait critiquées et refusées dans une lettre du 23 février 2000 à son rédacteur en chef, dont voici le passage principal:

« Dans la mesure où j’ai pu comprendre quelque chose aux textes en partie manuscrits rédigés en allemand (sans parler de vos notes), il me semble qu’il n’y a aucune critique quant à la longueur excessive de l’article.10

Je voudrais vous rappeler à ce propos que, dans la lettre du 1er juillet 1999, je vous avais fait remarquer quel’article sur le même sujet que j’avais rédigé pour le Schweizer Lexikon en 1989 comportait six pages dactylographiées de 36 lignes chacune à simple interligne. A cause de la complexité du sujet et de la longueur de la période traitée (trois siècles), il n’est pas envisageable de le réduire à 150 lignes (de 55 signes), il faudrait même le porter à sept pages dactylographiées de 36 lignes chacune à simple interligne, pour qu’il puisse prendre en compte les événements survenus pendant ces dix dernières années et être parfaitement à jour, sans quoi il serait trop incomplet. »

Vous n’avez pas tenu compte de cette remarque (c’était votre droit) et dans votre lettre du 23 juillet 1999 vous avez fixé la longueur de l’article du DHS à un nombre de lignes inférieur à celui de l’article du Schweizer Lexikon, c’est-à-dire à 210 lignes; soit 11550 signes.

J’ai respecté cette longueur au signe près (mon ordinateur indique pour l’article en question 2023 mots pour 11536 caractères au total) mais je n’entends pas la réduire ultérieurement. Il serait ridicule de réduire encore plus trois siècles d’histoire d’une institution aussi complexe que la Franc-maçonnerie suisse et, pour ma part, je n’ai pas l’intention de laisser publier ma signature au bas d’un si saisissant raccourci.

En ce qui concerne le fond de l’article, d’après vos conseillers scientifiques, certains points devraient être développés et d’autres demanderaient des explications. Cela exigerait toutefois d’augmenter encore la longueur de l’article, et non pas de la diminuer, les exigences sur le fond sont donc contradictoires avec celles sur sa longueur.

La version originale de mon article, à laquelle est jointe la critique de M. Marti11, présente par ailleurs des suppressions au crayon d’un très grand nombre de passages, dont plusieurs sont à mes yeux inacceptables. Elles montrent de la part de celui qui les a faites une méconnaissance de la structure et du fonctionnement interne de la franc-maçonnerie, ainsi que des prises de position qui me semblent dictées par des a priori idéologiques, ce qu’en tant qu’historien je ne puis cautionner.

Pour ne pas trop allonger la présente, je ne vous donnerai ici que quelques exemples:

1. dans l’introduction, est supprimée la mention du Rite Ecossais Ancien et Accepté à propos des loges dites de « hauts grades », alors que ce rite est justement le plus ancien et le plus important système de « hauts grades » de la franc-maçonnerie.

2. dans le XVIIIe siècle, est supprimée la mention de la population totale de Genève en 1801, alors que le nombre de 200 francs-maçons pour cette ville à cette époque n’a de sens que si l’on peut le comparer au nombre total des habitants, de manière à savoir quel pourcentage de la population ils représentaient.12

3. dans le XIXe siècle est supprimée la mention de « hauts grades » à propos du Régime Ecossais Rectifié, alors que ce régime n’a un sens chrétien très marqué justement que par ses « hauts grades », qui représentent en franc-maçonnerie la tendance d’un certain christianisme réformé à la fois piétiste et mystique.

4. encore dans le XIXe siècle, est éliminée la phrase faisant mention du fait que Pie IX et Léon XIIIont expressément condamné la F. dans leurs encycliques ». Or, il s’agit d’une part d’un fait indiscutable et, d’autre part la phrase ainsi laissée en suspens ne veut plus rien dire.13

5. toujours dans le XIXe siècle, sont éliminés tous les noms des différents conseillers (d’Etat et fédéral) qui ont appartenu à la Loge genevoise Fidélité et Prudence, alors que leur mention montre d’une part la grande importance du lien qui existait à cette époque entre le parti radical au pouvoir et l’institution maçonnique et, d’autre part, permet des renvois aux articles du DHS les concernant, tandis que souvent les encyclopédies oublient de mentionner l’appartenance de ces hommes politiques à la Franc-maçonnerie. 14

6. pour finir avec le XIXe siècle, ont été supprimés tous les passages qui montrent l’opposition active de l’Eglise catholique, de son clergé et du parti conservateur catholique à la franc-maçonnerie, ainsi que le passage citant tous les sujets à caractère social dont les loges maçonniques genevoises se sont occupées, parmi lesquels la séparation de l’Eglise et de l’Etat, acceptée en votation populaire en 1907, est certainement le plus important pour l’histoire de Genève, un des rares cantons à connaître ce régime en Suisse.15

7. dans le XXe siècle, a été supprimée la mention du rapport du Conseil fédéral contre l’initiative Fonjallaz, alors qu’à ma connaissance c’est la seule fois dans l’histoire des initiatives populaires en Suisse que le Conseil fédéral a senti la nécessité de publier un rapport d’une telle importance pour donner les raisons de son opposition à une initiative populaire; de même, toujours à propos de cette initiative, a été supprimée la phrase disant que dans le canton de Fribourg, le seul où cette initiative a été acceptée,l’influence de l’Eglise catholique était écrasante ». C’est pourtant un fait indiscutable et la principale explication de cette acceptation.
Ainsi que je l’ai déjà écrit plus haut, ces suppressions me semblent dictées par des a priori idéologiques qu’en tant qu’historien je ne peux cautionner.

8. encore dans le XXe siècle, comment expliquer pourquoi la Franc-maçonnerie suisse a perdu la moitié de ses membres entre 1935 et 1945?16 La statistique des démissions est publique, mais aucune étude n’a été faite sur les raisons de ces démissions. On peut bien sur toujours avancer des hypothèses (par exemple la peur du fascisme, du nazisme, du frontisme, de l’acceptation de l’initiative Fonjallaz), mais elles sont pour le moment toutes invérifiables. Plusieurs des points qu’on voudrait me voir développer figurent dans ces passages supprimés.

Au vu de tout ce qui précède, vous comprendrez que je ne peux pas accepter de modifier mon article dans le sens où vous me le demandez, ni en le raccourcissant ultérieurement, ni en supprimant les passages ci-dessus indiqués, ni en développant certains points particuliers, car dans ce dernier cas de figure l’article serait encore plus long qu’il ne l’est déjà à présent.

Je réitère donc mon opposition à la parution dudit article avec les suppressions ci-dessus et mon nom en tant qu’auteur; vous laissant l’entière liberté de trouver un autre auteur qui accepte d’écrire un autre article sur le même sujet à vos conditions, ce que je ne saurais ni ne pourrais faire. »

L’article a finalement paru censuré, signé par la rédaction du DHS, tel qu’on peut le lire ci-dessus.17 Il est bien vrai, comme le disent les responsables de cette censure, qu’en ce qui concerne la franc-maçonnerie en Suisse les préjugés n’ont toutefois pas disparu »: ils en donnent eux-mêmes une preuve éclatante

Fabrizio Frigerio

Notes

1 Edité en 12 volumes (le dernier devant en principe sortir en 2013) par la Fondation Dictionnaire Historique de la Suisse (DHS), créée en 1988 sous les auspices de la Société Suisse d’Histoire et de l’Académie Suisse des Sciences Humaines.

2 Lettres de M. Marco Jorio à Fabrizio Frigerio des 24 et 28 juin 1999, le rédacteur en chef du DHS dit à l’auteur avoir apprécié son article sur le même sujet qu’il avait rédigé pour le Schweizer Lexikon, Lucerne, 1991-93, en 3 vol., vol. II, p.738-740.

3 Lettres de Fabrizio Frigerio à M. Marco Jorio du 23 mars et du 23 juin 2000, dans lesquelles il lui confirme son refus d’accepter la publication sous son nom dans le DHS de son article avec les coupures et corrections demandées et il lui indique qu’il garde la propriété intellectuelle de son propre travail, ainsi que le droit de s’en servir comme bon lui semblera.

4 Dans sa lettre du 28 juin 1999, le rédacteur en chef du DHS demande à l’auteur s’il accepterait d’écrire aussi un article sur lesSociétés secrètes » en Suisse, ce à quoi l’auteur répond:En ce qui concerne l’article sur lesSociétés secrètes », je me permets de vous faire remarquer que, si elles sont effectivement telles, il ne sera pas possible de se procurer la documentation nécessaire pour le rédiger; tandis que si elles ne le sont pas vraiment, alors l’intitulé de l’article ne correspondra pas à son contenu, et il faudra le changer. Pour ces raisons, je ne pense pas être en mesure de me charger de la rédaction d’un tel article. » On voit que lesecret » est, pour le rédacteur en chef du DHS, une préoccupation majeure.

5 Dans cet ouvrage, édité par l’Université de Bruxelles, éliminé sans raison de la bibliographie, figure une importante étude de Georges Kleinmann sur « La Franc-maçonnerie helvétique » (p. 67-100), ce que le rédacteur en chef du DHS semble ignorer.

6 Ces ajouts concernant la Franc-maçonnerie à Neuch‚tel et à Fribourg semblent tirés des ouvrages de Cugnet et de Lehnherr et Guiot.

7 Le complément a paru après 1999.

8 Ce dictionnaire a une orientation très axée sur la France et la Franc-maçonnerie française et il contient, en ce qui concerne l’histoire de la Franc-maçonnerie en Suisse, de nombreuses erreurs et inexactitudes.

9 Ces deux derniers ouvrages ont paru après la rédaction de l’article par l’auteur en 1999, au premier semblent avoir été pris la plupart des ajouts à l’article concernant le canton de Fribourg.

10 Le rédacteur en chef du DHS lui demandait de raccourcir l’article, jugé trop long.

11 M. Hanspeter Marti, conseiller scientifique de la Rédaction pour l’histoire des Lumières et l’histoire sociale.

12 Ce chiffre a été rétabli.

13 Ceci a été en partie rétabli.

14 Seuls les noms de Georges Favon et d’Adrien Lachenal ont été rétablis.

15 Ce dernier passage a été rétabli, avec une phrase en plus concernant le canton de Vaud et celui de Saint-Gall.

16 Question à laquelle la rédaction aurait voulu que l’auteur réponde.

17 Des honoraires ayant été versés à l’auteur, la rédaction du DHS a estimé qu’elle pouvait disposer de l’article comme elle l’entendait.

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