Le silence des cathédrales

Ne pas effaroucher

Au royaume du Grand Barbu ils doivent se tordre de rire en observant le comportement des serviteurs terrestres du maître. Des sanctificateurs de l’ignominie et de l’injustice.

Entendez-vous les vaticinateurs et les ratiocineurs de la «calothicité» vitupérer, hululer, croasser le dimanche en chaire ou du haut de leur cathèdre, voire dans les publications catholicobondieusardes sur les injustices qui se développent d’une façon endémique? Les ouïssez-vous dénoncer la pauvreté qui s’accroît de manière exponentielle, les discoureurs évangéliques, les «sermoneurs papophiles»? Crient-ils leur courroux lorsqu’ils apprennent que les riches deviennent toujours plus riches et les pauvres toujours plus pauvres? Certes non puisqu’ils en profitent les tiarés et autres mitrés. Et si par hasard l’un de ces cacochymes se manifeste, c’est d’une manière tellement discrète et inaudible qu’il faut avoir un Sonotone pour l’entendre. Bon, il faut être juste, à décharge il y a quand même quelques curés qui se dévouent pour la bonne cause. Mais ici aussi, las de se voir mépriser, nombreux sont ceux qui déposent la soutane et la chasuble parce qu’ils ont honte de répéter des discours débiles. Les a-t-on entendu gémir, ces baudruches épiscopales, lorsque le 10 décembre une majorité de cagots et de vieux conservateurs rétrogrades a éjecté une femme du Conseil fédéral? Là, évidemment il s’agit d’une autre question rétorqueront les hypocrites et les menteurs de la «crétinté». Ils ne peuvent pas, ils ne s’occupent pas de questions bassement politiques. Ce n’est pas de leur ressort. Eux ils ne s’occupent pas de questions bassement terrestres. Qui plus est, une femme de moins c’est bon pour la misogynie et le machisme. Et puis, ces femmes, on ne leur demande que de pondre des mouflets et de fermer leur caquet. Pourtant, lorsqu’il s’agit de parler d’avortement, de contraception, de divorce même, ils ne sont pas très silencieux ces calotins de tous bords ou même ces nonnettes à sornettes et cornettes. Au contraire, ils se répandent en lettres pastorales, sermons et autres billevesées et fadaises.

Eructent-ils leur ignominie lorsque certains partis politiques proposent des programmes dans lesquels il n’est question que de réduction des dépenses sociales, de coupes claires dans les budgets de l’éducation et de la formation, de coups de hache dans les montants alloués pour l’art, la culture? A contrario, lorsqu’il s’agit de renforcer les moyens qui permettront de lobotomiser les esprits des jeunes par des cours de religion, à ne pas confondre avec des cours de science des religions et de toutes les religions, alors là ils applaudissent les farfadets de la «catholico-égoïcité». On peut évidemment comprendre cette attitude puisqu’il s’agit de mesures politiques prônées par des partis qui portent le nom de chrétien ou qui exsudent des relents de vieux réactionnaires démocratico-centristes-conservateurs.

La hiérarchie christique se tait puisque la majorité des caciques de ces partis est à sa botte et s’abreuve au même bénitier et reçoit l’onction salvatrice du goupillon. A l’opposé, s’il s’agit de partis qui ont quelque velléité d’aspect social dans leurs programmes, alors là il faut immédiatement les dénoncer puisque derrière eux se cache le diable, Lucifer voire Belzébuth.

Il faut réagir

Jean-Paul Sartre a dit: «On est toujours responsable de ce que l’on n’essaie pas d’empêcher.» Il faut, nous devons par tous les moyens à notre disposition réagir afin d’enrayer le mal pendant qu’il est encore temps. Il faut continûment se mobiliser, dénoncer, harceler pour faire entendre un discours plus courtois, plus serein et surtout plus objectif. Il faut par tous les moyens, et dans notre démocratie ils sont nombreux, freiner le développement de ces métastases qui veulent faire de nos jeunes des robots. Il faut insister encore et toujours pour que dans les programmes scolaires on développe, on cultive le sens critique sans lequel aucune progression n’est possible. Il faut aussi réfléchir attentivement lorsqu’on élit des autorités chargées de représenter le peuple. Il ne faut plus accorder foi et crédit à ces discours lénifiants et ineptes. Par parenthèse, il faudra porter une attention soutenue à l’activité de l’actuel président de la Confédération, même si ses pouvoirs sont ridicules, la possibilité de nuisance est prégnante. Ils et elles sont encore celles et ceux qui salivent lorsqu’ils entendent parler, non causer, ces farfadets. Et le patron confédéral 2004 est un fleuron de ce type d’individu hypocrite, fourbe, suppôt de la «bondieuserie catholicovaticanesque» que la société sécrète. Ce bref tour d’horizon permet de constater que le travail est important. Bien, pour la Libre Pensée aucun effort n’est trop grand pour limiter les dégâts causés par cette caste d’individus qui mentent effrontément. Des coquecigrues qui considèrent la majorité des citoyennes et des citoyens sous les fourches Caudines d’une secte qui se prétend religion, alors que ses discours ne sont que bourrage de crâne et manipulation des esprits. Alors osons pousser notre cri!

André Sprenger

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