Nouvelliste: Des ennemis de la Constitution dans la Justice et la Politique (Peter Bodenmann)

Paru dans le Nouvelliste du lundi, 14 février 2011, à la page 2, Peter Bodenmann a écrit un text pour la rubrique “L’invité”.

Des ennemis de la Constitution dans la Justice et la Politique

Un avis de droit de 45 pages du professeur bâlois Markus Schefer en matière de crucifix avait établi que l’enseignant Valentin Abgottspon avait été licencié injustement. Qu’il n’avait pas porté atteinte à la Constitution. Non. Ceux qui ont porté atteinte à la Constitution sont la commission scolaire régionale, le conseiller d’Etat en charge et, malheureusement, le conseil d’Etat unanime.
Lors des dernières élections, le PDC disposait encore de 44% des voix. Cet automne, ce sera 3 à 4 % de moins. Parce que l’UDC progressera dans le Haut-Valais. Et ce faisant, il aidera peut-être la gauche à arracher un deuxième siège au Conseil national. Malheureusement, la justice valaisanne reste toujours composée de manière anti-constitutionnelle. Tous les partis devraient être représentés en fonction de leur poids électoral. Maintenant comme toujours, ce n’est pas le cas.

Dans le cas Abgottspon le Tribunal cantonal valaisan n’a pas non plus donné d’effet suspensif au recours, malgré l’avis de droit Schefer à disposition. Cela n’a aucun sens puisque, même en cas de victoire, Valentin Abgottspon n’aura droit qu’à un dédommagement.
En dernier lieu, cette décision signifIe que les amis de la Constitution doivent être exclus par des ennemis de la Constitution qui ne seront pas dérangés. A la fin de l’exercice, les contribuables valaisans devront payer pour les fautes commises par les ennemis de la Constitution. Ils devront payer pour la faute de la commission scolaire, pour la faute du conseiller d’Etat Claude Roch et pour la faute du conseil d’Etat unanime.

Entretemps, les minorités sont devenues la majorité en Valais. La nouvelle minorité, c’est le PDC. Sauf que quelques élus ne
semblent pas avoir compris cela. C’est pourquoi les représentants des anciennes minorités au Conseil d’Etat n’émettent pas un seul murmure, même fatigué, dans l’affaire Valentin Abgottspon.
Au contraire: ils collaborent à l’éviction d’esprits critiques hors du canton. Les amis de la Constitution doivent émigrer. Ils connaissent le même sort que de nombreux radicaux et socialistes, au cours des siècles passés. L’histoire se répète comme une farce. La nouveauté, c’est que le radical et la sociale-démocrate du conseil d’Etat y prennent part.
En 1918, Rosa Luxembourg avait justement écrit: «La liberté, c’est toujours la liberté de ceux qui pensent différemment.» Un Valais ouvert n’a pas besoin d’interdits de penser. Il n’a pas besoin de Tip-Ex pour effacer les acquis de l’époque des Lumières. Il a besoin de la pluralité des opinions fondée sur la Constitution et l’Etat de droit.

PDF sur le site de la section valaisanne.

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