Archive pour la catégorie ‘Laicité’

La Cour suprême du Canada met fin aux prières lors des séances municipales

Samedi 25 avril 2015

Grande victoire pour la laïcité au Canada 

Les associations ci-dessous nommées se réjouissent de la décision unanime et catégorique de la Cour suprême du Canada, rendue le 15 avril 2015, interdisant la pratique de la prière lors des réunions du conseil municipal de la ville de Saguenay et donnant entièrement raison au plaignant, c’est-à-dire à Alain Simoneau soutenu par le Mouvement laïque québécois. Rappelons que ce dernier avait gagné devant le Tribunal des droits de la personne en 2011 mais que cette décision avait été renversée par celle de la Cour d’appel du Québec qui a statué en 2013 en faveur du maire Jean Tremblay qui voulait maintenir la prière au début de chaque réunion du conseil. C’est la décision du 15 avril 2015 de la Cour suprême qui casse celle de la Cour d’appel et rétablit ainsi la victoire du plaignant. Elle rétablit aussi l’obligation du maire Tremblay de payer des dommages compensatoires et punitifs au plaignant.

Il s’agit d’une grande victoire pour la laïcité. Nous félicitons le MLQ, Monsieur Simoneau et toutes les associations et personnes qui les ont soutenus pour cette importante victoire, qui fait déjà jurisprudence. Nous saluons en particulier l’avocat Luc Alarie qui a défendu cette cause devant les trois tribunaux.

Selon la Cour suprême,

La prière récitée par le conseil municipal en violation du devoir de neutralité de l’État engendre une distinction, exclusion et préférence fondée sur la religion, soit l’athéisme sincère de [Alain Simoneau], qui, conjuguée aux circonstances entourant sa récitation, fait des séances un espace préférentiel favorisant les croyants théistes. Ces derniers peuvent participer à la démocratie municipale dans un environnement favorable à l’expression de leurs croyances, alors que si les incroyants peuvent eux aussi participer, c’est au prix de l’isolement, de l’exclusion et de la stigmatisation. Cela compromet le droit de [Alain Simoneau] à l’exercice de sa liberté de conscience et de religion.

Dans son jugement la Cour suprême déclare que la prière au début des séances du conseil municipal de Saguenay constitue « une pratique religieuse. Même si on la qualifiait d’inclusive, elle risque néanmoins d’exclure les incroyants. » D’ailleurs, la reconnaissance de « la suprématie de Dieu » dans le préambule de la constitution canadienne de 1982 « ne saurait entraîner une interprétation de la liberté de conscience et de religion qui autoriserait l’État à professer sciemment une foi théiste. » Le jugement a établi de manière indubitable que la neutralité religieuse de l’État est une obligation et sa conception de cette neutralité place la croyance et l’incroyance sur un pied d’égalité.

La décision de la Cour suprême du Canada représente une victoire pour les droits des athées et des autres incroyants, certes, car elle reconnaît clairement que la liberté de croyance doit comprendre la liberté d’incroyance. Mais cela représente aussi une victoire pour la liberté de conscience de tous, y compris celle des croyants, car elle met fin à l’imposition d’une cérémonie religieuse dans une institution publique, une cérémonie à la fois inutile et déplacée dans un tel contexte, une imposition qui ne peut se justifier, peu importe la religion ou absence de religion de chaque assistant.

Déjà les effets de cet important jugement commencent à se manifester. Plusieurs villes au Québec et hors-Québec on déjà annoncé une réévaluation de leur pratique de prière dans leurs conseils. La décision de la Cour suprême aura des conséquences dans tout le Canada. On ne peut que s’en réjouir. Même si la Cour suprême a réduit à néant toute portée juridique du préambule de la constitution affirmant « la suprématie de Dieu », nous continuons de réclamer le retrait de cette affirmation qui entre en contradiction avec l’esprit et la lettre du jugement ainsi qu’avec la notion des droits fondamentaux. D’ailleurs, le principe de neutralité religieuse de l’État sur lequel les juges ont insisté risque d’avoir des conséquences positives pour la laïcité bien au delà de la seule question des prières.

Libres penseurs athéesAtheist Freethinkers
Montréal, 20 avril 2015

Le prosélytisme religieux banni des rues genevoises?

Mercredi 4 février 2015

La Ville a décidé de refuser tous les stands faisant la promotion d’une spiritualité, quelle qu’elle soit. La justice a été saisie par des chrétiens.

http://www.20min.ch/ro/news/geneve/story/Le-proselytisme-religieux-banni-des-rues-genevoises-28765234

Ct. VS: Narcisse Praz gagne le Prix Libre Penseur 2014, Jean Luc-Ador des œillères en or

Dimanche 25 janvier 2015

Le dernier week-end, Valentin Abgottspon et Marcel Theler, les présidents de la séction valaisanne des libre Penseurs étaient très fière d’avoir l’occassion à honnorer Narcisse Praz avec le “Libre Penseur” pour l’année 2014 (Enregistrement sonore). Narcisse s’est remercié avec quelques mots bien choisis (Enregistrement sonore).

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Ct. GE: Le DIP désavoue la direction de l’HEPIA et fait machine arrière

Jeudi 20 juin 2013

Coordination laïque genevoise / Section genevoise de l’Association suisse de la libre-pensée Communiqué de presse du jeudi 20 juin 2013

À la suite de la conférence de presse donnée mardi 18 juin par nos deux associations, la situation a rapidement évolué au sein de l’HEPIA (haute école du paysage, d’ingénierie et d’architecture) de Genève.

Réagissant à la pression des enseignants et de nos deux associations de défense de la laïcité, le Président du Conseil d’Etat genevois a dû invalider la décision de la direction de la haute école qui avait permis l’annexion d’une salle de cours par deux groupes religieux pour en faire un lieu de prière interdit aux autres étudiants.

Le Président du Conseil d’Etat a déclaré mercredi 19 juin dans le quotidien le Courrier de Genève que : l’affectation exclusive de la salle à deux groupes de prière pose problème. Il a également exigé que : cet espace ne soit pas réservé à ces deux groupes confessionnels. Il sera ouvert à toute personne qui en fera la demande et pour toute activité de réunion ou individuelle, comme lire un livre ou exercer une activité syndicale.

Nos deux associations regrettent néanmoins que le Président du Conseil d’Etat persiste dans son appréciation erronée de la réalité en déclarant, dans la Tribune de Genève de mercredi 19 juin : on n’interdit pas la prière dans les lieux publics, mais elle ne doit pas s’accompagner d’éléments ostentatoires. Cette affirmation est en effet contraire à la loi genevoise C4 10 sur le culte extérieur qui mentionne explicitement :

Art. 1
Toute célébration de culte, procession ou cérémonie religieuse quelconque est interdite sur la voie publique.

Or, ce qui est interdit sur la voie publique l’est a fortiori dans une école dont les locaux sont payés par les deniers du contribuable. Il nous faut donc rappeler cette évidence au Président du Conseil d’Etat et Chef de l’Instruction publique genevoise qu’une école publique ne doit ni ne peut, en aucun cas, être annexée par des groupes religieux afin qu’ils y installent leur lieu de culte ou de prière.

Enfin, nous sommes consternés de constater que, de crainte de représailles, le corps enseignant de l’HEPIA soit contraint à une véritable « omerta » et soit empêché d’exprimer publiquement son désaccord de voir foulé aux pieds l’un des principes fondateurs de notre république qu’est la laïcité. Il est en effet indispensable de garantir que l’enseignement public soit séparé des interférences religieuses quelles qu’elles soient car, elles ne relèvent que de la sphère privée.

À l’évidence le reniement de nos valeurs républicaines aurait été cautionné par nos autorités cantonales si nous n’avions pas réagi avec vigueur. Cela démontre à notre grand regret que ces autorités ne sont plus conscientes du devoir de protection des étudiantes et des étudiants dont elles ont la charge.

Ct. GE: Violation de la Constitution genevoise à l’HEPIA

Mardi 18 juin 2013

Coordination laïque genevoise / Section genevoise de l’Association suisse de la libre-pensée
Communiqué de presse du mardi 18 juin 2013

Nos deux associations ont appris, par un article du Courrier de Genève que la direction de l’HEPIA (haute école du paysage, d’ingénierie et d’architecture) réserve un local à l’usage exclusif de quelques étudiants de cet établissement public afin que ceux-ci y exercent des activités cultuelles religieuses. Or, ce local qui appartient au patrimoine public a donc été détourné de son usage premier pour devenir un lieu de culte et de prière d’où les autres étudiants sont exclus.
Ces faits constituent une violation patente de la Constitution genevoise, récemment acceptée par le peuple, qui précise :
Art. 3 Laïcité 
1 L’Etat est laïque. Il observe une neutralité religieuse. 
2 Il ne salarie ni ne subventionne aucune activité cultuelle.
La direction de l’HEPIA n’a pas jugé utile d’informer le corps enseignant, certains enseignants l’ont néanmoins appris et s’en sont alarmés. Par crainte de représailles, ils ont souhaité garder l’anonymat mais nous ont néanmoins confirmé cette information. Un courrier émanant de l’association genevoise des enseignants des écoles professionnelles, dont nous avons pu nous procurer une copie, corrobore ces informations.
Cette violation constitutionnelle a lieu au sein de l’école publique. Or, la vocation de l’école est d’être un lieu d’enseignement ouvert à tous sans discrimination, notamment religieuse. Elle ne peut pas abriter un espace réservé exclusivement à des activités relevant de la seule sphère privée de quelques-uns.
Nos deux associations ont donc écrit au Président Conseil d’Etat et du Département de l’instruction publique, Monsieur Charles Beer, pour exiger :
La fermeture immédiate de ce lieu de culte et la réaffectation de ce local à des activités d’enseignement ;
L’ouverture d’une enquête à l’encontre de la direction de l’HEPIA afin de déterminer si cette dernière doit ou non être sanctionnée pour avoir violé la charte constitutionnelle et détourné des bâtiments publics, payés par l’ensemble des contribuables, à un usage exclusivement cultuel, au mépris évident de la laïcité ;
Que le Conseil d’Etat et plus particulièrement le Département de l’instruction publique réaffirme publiquement, clairement et sans aucune ambiguïté, son respect des principes républicains exprimés dans le texte constitutionnel et qu’il s’engage à respecter scrupuleusement la neutralité religieuse et la laïcité, indissociables de l’enseignement public.

 http://www.lecourrier.ch/110419/l_hepia_abrite_t_elle_une_salle_de_priere

France: Cours de morale laïque à partir de 2015

Mardi 23 avril 2013

A partir de 2015, écoliers et collégiens devraient avoir au moins 1 heure par semaine de «morale laïque», et les lycéens au moins 18 heures par an: lundi, Vincent Peillon a levé le voile sur cet enseignement destiné à «faire partager les valeurs de la République», mais qui ne sera «pas une morale d’Etat».
http://www.liberation.fr/societe/2013/04/22/peillon-confirme-des-cours-de-morale-laique-a-partir-de-2015_898019

France: Le retour à une « laïcité normale »?

Vendredi 18 mai 2012

Durant la campagne électorale, François Hollande a (…) rassuré le camp laïque en annonçant son intention d’inscrire les deux premiers articles de la loi de 1905 relative à la séparation des Eglises et de l’Etat dans la Constitution (…). Dans les semaines qui ont suivi, M. Hollande a multiplié les gages aux tenants d’une laïcité stricte (…). Autour du président gravitent des personnalités aux lignes diverses. D’un côté, le nouveau ministre de l’intérieur chargé des cultes, défendant une »laïcité exigeante », (…). De l’autre, son ami Jean-Pierre Mignard, avocat catholique engagé et convaincu que les religions contribuent à la préservation du lien social, plaide pour une  »laïcité moderne », plus axée sur l’égalité homme-femme que sur la séparation des Eglises et de l’Etat, fait historique « acquis » (…). Difficile donc de savoir où penchera le futur gouvernement, face au libre exercice des cultes, aux réalités nouvelles induites par l’islam et à sa visibilité, au dialogue institutionnalisé avec les religieux ou dans ces rapports historiquement chahutés avec l’enseignement catholique.

Source: Le monde.fr

Non à une protection constitutionnelle des symboles chrétiens!

Samedi 10 mars 2012

Communiqué

C’est avec étonnement que l’Association Suisse des Libres Penseurs a pris connaissance du vote du conseil national sur l’initiative parlementaire d’Ida Glanzmann qui vise à garantir par la constitution la présence dans l’espace public des symboles de l’Occident chrétien.

L’initiative est motivée par la demande d’un père libre penseur  qui était  intervenu auprès de l’école pour que le crucifix accroché dans la classe primaire de ses deux enfants soit enlevé. L’ASLP exige que l’arrêt du tribunal fédéral jugeant déjà en 1990 en conformité avec l’art. 15 de la constitution soit appliqué:

1. L’apposition du crucifix dans les salles d’école primaire viole le principe de la neutralité confessionnelle de l’enseignement (art. 27 al. 3 Cst.).
2. Selon l’article 27 al. 3 Cst. (modif.) l’état ne doit pas privilégier une confession ni s’identifier avec la religion de la majorité ou d’une minorité. Il est tenu à la plus stricte impartialité envers les croyances et convictions de ces citoyens.

Distinction entre lieux et espace publics:

Lieux publics
C’est surtout dans les institutions où l’état manifeste son pouvoir souverain – administrations, tribunaux, écoles, hôpitaux – ou quand les services sont financés avec les impôts généraux que l’obligation de neutralité devient particulièrement importante.

Espace public
En général les symboles religieux dans et en dehors de la zone constructible doivent être autorisés par le bureau compétent. Il convient de répondre à de telles demandes avec circonspection. Si les symboles religieux ne posent aucun problème dans les lieux de culte, ils n’ont aucune raison d’être ailleurs dans l’espace public. A l’exception des cas où ils font parti du patrimoine bâti protégé les symboles religieux  ne devraient être remplacés qu’après un examen objectif.

L’Association Suisse des Libres Penseurs s’atttend que le conseil des états enterre l’initiative Glanzmann et suive les recommandations des commissions respectives.

Berne, 10 mars 2012
FVS – ASLP

Belgique – un curé sur quatre n’officie plus

Mardi 10 janvier 2012

En dix ans, l’Eglise catholique a perdu 24 % de son effectif de prêtres

Un couple sur cinq se marie encore à l’église, mais les prêtres se font de plus en plus rares; les ordinations se sont comptées sur les doigts d’une main, l’an dernier, en Wallonie et à Bruxelles. Le nombre des prêtres est passé de 3.562 en 2000 aux 2.709 actuels, selon la Cour des comptes (une fraction des 6.938 postes inscrits au cadre catholique). Les ministres du culte catholique perçoivent une rémunération qui équivaut à celle de 3.272 temps pleins, suite à un accord informel entre l’administration des cultes et les autorités ecclésiastiques, qui autorise ces desservants à assumer plusieurs charges, avec rémunération cumulée limitée à 150 %. L’avantage n’a manifestement pas d’effet sur la crise des vocations. En 2011, à peine trois prêtres francophones ont été ordonnés.

Les chiffres montrent que c’est le culte protestant qui enregistre la plus forte baisse annuelle (– 4,9 %), devant l’Eglise catholique (– 3,3 %), et le culte israélite (– 2,9 %).

Source: Le soir.

CEDH: Liberté de croyance implique liberté de ne pas révéler sa croyance

Samedi 31 décembre 2011

Panayote Dimitras (fondateur de l’ Union Humaniste de la Grèce ) et certains de ses collègues du Greek Helsinki Monitor ont gagné un procès contre la Grèce devant la Cour européenne des Droits de l’Homme.

Dans leurs travaux ils ont souvent à faire des dépositions ou à témoigner en cour. En dépit des garanties constitutionnelles de liberté de religion et de conviction, la loi grecque exige comme norme qu’ils prêtent serment selon la foi orthodoxe grecque ou qu’il justifient leur désir de faire une affirmation solennelle en déclarant leur adhésion à une autre croyance ou leur non-affiliation religieuse. La Cour de Strasbourg a toutefois de nouveau souligné que la liberté de religion et de conviction inclut le droit de l’individu de ne pas être obligé à manifester sa religion ou ses croyances (…). Aux yeux de la Cour, les autorités n’ont pas le droit d’intervenir dans le domaine de la liberté de conscience de l’individu ni de vérifier ses croyances religieuses, ou de le forcer à exprimer ses croyances au sujet de la divinité »(arrêt, par. 28) .

Source: EHF; CEDH