Histoire

100 ans de l’ASLP
100 ans de l’engagement pour la laïcité et l’humanisme

Les Libres Penseurs se voient comme héritiers des Lumières et des humanistes.

Suite aux Lumières et à la recherche scientifique qui s’ensuivit dans tous les domaines de la vie (exigeant que les connaissances soient démontrables), l’Eglise chrétienne perdit en Europe petit à petit son pouvoir, et au 19e siècle les progrès en Europe furent tels que les Libres Penseurs n’eurent plus à craindre pour leur vie lorsqu’ils exposaient leur vision du monde en privé ou en public. L’exclusion sociale, autrefois conséquence directe de la sortie de l’Eglise reconnue par le droit public, poussa les Libres Penseurs à se regrouper en associations.

Dès 1870, il y eut en Suisse un premier club de Libres Penseurs à Zurich, d’autres associations virent le jour en Suisse romande et au Tessin.

En 1908, la création de la Confédération des Libres Penseurs suisses allemands (Deutschschweizer Freidenkerbund) jeta les bases d’un mouvement national.

Objectifs

Selon ses statuts l’ASLP s’engage pour

  • la pensée libre et critique sur la base d’une représentation scientifique du monde et d’une éthique humaniste, détaché de tout dogme et idéologie politique.
  • la séparation de de l’Etat et de l’Eglise, la liberté de foi, d’opinion et d’expression, l’égalité de tous les groupements philosophiques et pour leur indépendance face à l’État.
  • la laïcité dans l’enseignement.
  • un espace social pour les libres penseurs et offre des rituels laïques pour les fêtes familiales: les naissances, les mariages et les décès.
  • des conditions de vie dignes et pour la protection de l’environnement.

L’histoire de l’ASLP

En s’établissant le mouvement de la libre pensée endura des aggressions militantes, des calomnies et des plaintes du côté des religieux surtout des Eglises nationales.

A cette époque, les membres n’étaient pas à l’abri de l’action arbitraire des autorités: lorsque son président August Richter souhaita fonder une section à Lucerne en 1908, il fut arrêté pour blasphème et condamné à deux mois de prison. Le jugement fut finalement annulé par le tribunal fédéral.

Pendant la Deuxième Guerre Mondiale nos adversaires opposèrent la libre prensée  par des moyens politiques (p.ex. débat sur les athées au Conseil National en 1933). Pendant la Guerre Froide elle fut surveillée par la protection de l’Etat.

Les rapports entre l’Etat et les Eglises étant réglés par les Cantons, les efforts de sécularisation ne progressaient que très lentement. Bien que les gens s’émancipassent de plus en plus de la doctrine des Eglises, la politique ne se fiait pas aux structures démocratiques de la société civile et n’osait pas désavouer les Eglises surs les questions éthiques.

Entre 1950 et 1970 les Eglises nationales s’établirent dans le droit et les finances publiques.

Vers la fin du 20e siècle le processus de la sécularisation avait atteint un tel degré dans la société que la laïcité semblait à portée de main. De plus en plus, les gens abandonnaient l’Eglise, mais le mouvement de la Libre Pensée ne croissait pas au même rythme, bien que l’ALSP arriva à fonder quelques sections nouvelles.

Le tribunal fédéral précisa l’étendue de la libérté religieuse, limita les formalités de la sortie de l’Eglise, la portée du principe de la neutralité confessionnelle des écoles publiques (les crucifix furent évincés des salles d’écoles), le tribunal confirma plusieurs fois la jurisprudence selon laquelle l’assujettissement des personnes morales à l’impôt ecclésiastique serait en principe compatible avec la constitution.

Avec les attaques terroristes du 11 septembre 2001 la question religieuse est revenue soudainement sur la scène politique en Suisse aussi. Depuis l’ASLP constate une augmentation des contacts et des affiliations.

L’ASLP au 21e siècle

Vus les problèmes insolubles posés par  la reconnaissance des organisations religieuses, l’ASLP proclame la nécessité d’une stricte séparation de l’Etat et des Eglises.

L’ASLP veut démocratiser le débat sur des questions éthiques.  Elle propose d’installer l’enseignement de l’éthique dans les écoles publiques, de façon que le jeunes apprennent les instruments pour s’orienter dans la vie et soient capables de prendre part au discours politique – discours dans lequel l’ASLP représente un nombre croissant de personnes sans confession en Suisse.

Elle lança une campagne en 2008 pour encourager les 11% de personnes sans confession (recensement Suisse 2000) à déclarer publiquement leur affranchiment de la tutelle des Eglises.

L’ASLP en chiffres

L’ASLP compte environ 1’800 membres dans 13 sections. D’après un sondage en automne 2007, 64% des membres se qualifient d’athé(e)s, 22% d’agnostiques, 2% de panthéistes. 8% préfèrent une autre désignation (humaniste, libre penseur etc.), 4% ne veulent pas se classifier.

 

Sources et liens:

Sur la presse de la libre pensée: Claude Cantini: Pour une histoire sociale et antifasciste, 1999