Interdiction des minarets en Suisse : Non, mais…

24.11.2008 L’Association suisse des Libres Penseurs prend fait et cause sans réserve pour les droits de l’homme et refuse ainsi l’interdiction des minarets dans la constitution. Dans le même temps, elle attend de la part de tous les citoyens de notre pays qu’ils respectent inconditionnellement les valeurs de notre constitution et les droits de l’homme fondamentaux et qu’ils les perpétuent. Raisons juridiques

  • Une interdiction des minarets porte atteinte à la séparation de l’église et de l’État Parce que la constitution fédérale laïque (à l’exception du préambule) serait alors complétée d’un article spécifiquement religieux, créant ainsi un précédent.
  • Une interdiction des minarets porte atteinte à la liberté de conscience et de croyance Parce que l’ostentation de la religion s’inscrit dans la liberté de croyance.
  • Une interdiction des minarets porte atteinte au droit à l’égalité de traitement Parce que l’interdiction ne concerne que les édifices d’une seule communauté religieuse.

Considérations sociopolitiques

  • Une interdiction des minarets ne résout pas le problème de l’intégration

L’intégration nécessite d’une part que les immigrés soient prêts à s’intégrer dans la société locale séculaire et à respecter les lois en vigueur et d’autre part que la société soit prête à s’ouvrir à ces personnes ayant la volonté de s’intégrer. L’Association suisse des Libres Penseurs est convaincue que les acquis du siècle des Lumières en Europe ont marqués durablement la culture actuelle et ont supplanté de nombreux éléments cléricaux chrétiens. Une société séculaire, pluraliste et démocratique peut en faire de même avec l’islam. L’exercice de leur religion acquise peut aider dans un premier temps certains immigrés à s’acclimater dans un pays étranger. Mais : tous les immigrés ne sont pas croyants et l’État ne doit pas favoriser les religions. Ainsi l’intégration par la religion ne doit pas être une stratégie gouvernementale. L’Association suisse des Libres Penseurs mise ici sur les outils éprouvés (héritage des Lumières et éducation) et sur l’engagement mutuel en matière de tolérance et de respect.

  • Une interdiction des minarets n’est pas nécessaire

Une interdiction est une forme de réglementation qui ne devrait être appliquée dans une société libérale que lorsqu’aucun autre moyen ne peut être utilisé et lorsqu’il y a un intérêt public important.
 Nos lois en matière de planification et construction suffisent pour les grands projets immobiliers – elles suffiront aussi pour les édifices religieux. Les problèmes liés à l’apparence du site et autres nuisances sont ici pris en considération. Mais : l’Association suisse des Libres Penseurs exige que les édifices religieux correspondent à un besoin régional effectif. Des constructions de prestige ne doivent pas être autorisées.

  • Un minaret ne perturbe pas la paix des religions

Il se peut que des musulmans associent le minaret à des revendications de pouvoir et domination – cet entendement ne doit pas nécessairement être partagée. Ce ne sont pas les minarets qui compromettent la paix religieuse mais plutôt les actes fanatiques de certains croyants. Le fait que certains cercles se sentent gênés par des édifices religieux ne motive aucun intérêt public et ne constitue pas en soi un péril pour la paix des religions. Mais:  En Suisse il y a d’ores et déjà trop d’édifices religieux qui ne sont plus utilisés adéquatement. L’Association Suisse des Libres Penseurs est de l’avis qu’il est dans l’intérêt de tous les contribuables discuter d’une façon non tabouisée des mesures telles que la revalorisation, la transformation et enfin la démolition d’édifices religieux inutilisés. Donc: Interdiction des minarets en Suisse? Non, mais…